On peut aimer l'agitation et aspirer au calme. Le calme est ce moment où l'esprit trouve un espace à l'abri des jugements, des pensées, des suppositions, des projections, des interprétations … où les murs sont blancs, le sol cotonneux et l'air une caresse. L'esprit oublie qu'il est esprit. Il cesse d'être tiraillé entre le passé et le futur, abandonné à une musique sans note.
Le calme c'est tout d'abord - comme le traduit si bien le chat - le sentiment profond d'avoir le droit d'être ce que l'on est, sans en justifier. Le chat est un chat c'est à dire un roi en son royaume. De toute la superbe de son port de tête, il affirme sans autre manière la légitimité de son existence et celle de ses besoins. Il dirige vers nous son regard avec morgue, une arrogance qui ne s'embarrasse d'aucune culpabilité. Il déroule une évidence : la vie m'appartient.
Le calme est le contraire de l'angoisse, cet état de crispation extrême où tout est ennemi, oppression, constriction : on étouffe. Le chat heureux s'étale de toute l'épaisseur de sa magnifique fourrure, le ventre souple et vibrant, la moustache offerte, le museau brillant comme perdu dans un rêve au parfum de croquettes. Le chat a des bonheurs simples.
Le calme c'est ne rien faire et y trouver une allégresse qui monte aux yeux, proche du tremblement qu'on souvent les chats quand ils s'abandonnent à la moquette ou à l'herbe grasse. Il suffit de les imiter dans leurs étirements pour saisir l'étendue de l'espace de bien-être à conquérir.
Les chats nous enseignent l'intelligence de l'abandon.
Je pense souvent aux personnes qui n'ont pas de famille, celle dont elles viennent ou une qu'elles ont choisie. La solitude -quand elle n'est pas désirée- me semble d'une grande cruauté. N'être important pour personne, rester en suspension dans la vie sans qu'aucun lien ne nous attache à la Terre. Il faut un grande force de caractère pour s'accrocher à l'existence, trouver du sens, développer des racines.
S'inscrire sur une ligne du Temps
J'ai la chance d'avoir des parents, des enfants et aujourd'hui des petits-enfants. Je m'inscris dans une histoire qui commence avant moi et qui se poursuivra après ma mort. Je me place sur une ligne qui est un jaillissement, qui en diffuse l'énergie. J'ai accompli une des missions pour laquelle je suis venue au monde. Je n'ai aucun mérite. Le naturel est parfois plus gratifiant que ce qui est obtenu dans l'effort.
L'amour toujours
J'ai horreur des étiquettes. J'ai horreur des places attribuées. Pourtant, il y a quelque chose de confortable et de hautement rassurant dans le rôle de grand-parent. Ce petit bonhomme qui m'explique sa vie ne sait pas vraiment ce que je fais dans la sienne. Il sent que je suis importante pour son papa alors il lui fait ce cadeau : m'aimer. Dans les yeux de mon petit-fils brille tout l'amour de mon fils. Quand il sera plus grand, il choisira la relation qu'il veut que nous ayons.
Famille versus société
Que dois-je lui apprendre d'utile dans cette société qui n'a plus grand chose à voir avec celle dans laquelle j'ai vécue. Être un agneau c'est se destiner à être la proie des loups, leur faciliter le travail. Être un loup c'est renoncer à être un homme. Évoluer en être humain qui porte des valeurs qui le construisent, qui le rendent solide. Etre en capacité de trouver en soi la force de résister aux tentations de destruction que la société moderne promeut. La famille peut-elle encore tenir face à l'assaut ? Chacun a la possibilité, la liberté de faire son choix, d'écrire son histoire.
La vie est un roman dont on ignore à l'avance le genre qu'elle prendra.
"La réalité est la cause principale du stress - pour ceux qui la vivent."
Jane Wagner
Nous avons tous fait l'expérience du stress, que le stresseur soit interne (pensées, anticipations désastreuses, échéances, sensations…) ou externe (situations, évènements…). Nous savons qu'il se traduit ponctuellement ou de façon permanente par un état de tension extrême qui dans le meilleur des cas nous pousse à agir. La plupart du temps - empêchés que nous sommes de passer à l'action - il reste enfermé dans les parois exigües de notre corps (viscères, cage thoracique, orbites, crâne…). Il s'applique à faire des nœuds de plus en plus serrés ou frappe en fortes vagues nos cages intérieures. Il réclame de toute sa puissance une exfiltration.
Offrir à notre stress une issue symbolique pour le sortir de nous-même
Le problème du stress c'est que nous le tenons piégé à l'intérieur. Il faut lui proposer une issue même infime pour fuiter. La première étape, symbolique, est de lui donner un nom pour le séparer de nous, dialoguer avec lui, le mettre à distance et lui faire face. Par exemple, je pourrais appeler le stress que je ressens : Serpent (parce qu'il a le comportement sournois que je présuppose au reptile). En nommant mon stress, je comprends mieux sa stratégie. Elle est différente pour chacun d'entre nous. Comment appelleriez-vous votre stress ? Ensuite, je lui demanderais : "Serpent, comment puis-je t'éloigner ?". Il me répondrait sans doute : "En me chantant des chansons !". Il faut faire confiance à notre inconscient, il apporte toujours des réponses enfantines, simples au point d'en paraître idiotes, ridicules et pourtant très opérantes. Chanter, est sans doute pour moi un excellent moyen de le mettre à distance.
Apaiser le corps par le souffle
Le stress nous laboure de l'intérieur. C'est un désastre. Il nous piétine, nous fouette, nous tend comme un arc, s'attaque à l'acide à nos muscles, nos organes, nos artères, notre peau, nos ongles, dents, cheveux. Ils ont besoin que nous leur venions en aide. La première chose à faire est de permettre à l'énergie de recirculer là où elle est restée bloquée. Permettre à chaque cellule par le souffle, l'oxygénation de jouer pleinement son rôle : celui de nous garder en excellent état de marche. Pour cela, il faut respirer. Le souffle guérit comme une tendresse envers soi, une caresse qui apaise, calme et rassure.
La cohérence cardiaque
Il existe de nombreuses méthodes pour reprendre son souffle : la sophrologie, la méditation, la pleine conscience, le yoga, le Qi Gong ... Celle qui me paraît à la fois la plus facile à appliquer et la plus efficace est la cohérence cardiaque. Elle est facile car elle peut être pratiquée dans n'importe quel endroit y compris dans son bureau, dans les transports mais aussi parce qu'elle ne nécessite que 3 x 5 minutes par jour et que ses effets sur le corps sont immédiats et impressionnants. Il s'agit de respirer pendant 5 minutes comme suit : 5 secondes d'expiration suivies de 5 secondes d'inspiration. Vous obtiendrez rapidement parmi d'autres immenses bénéfices :
- Baisse du cortisol (principale hormone secrétée en état de stress)
- Augmentation de la DHEA (hormone qui elle module de cortisol)
- Augmentation des IgA salivaires qui participent à la défense immunitaire
- Augmentation de la sécrétion d'ocytocine qui est l'hormone de l'amour chez les femmes
- Augmentation des ondes alpha
- Réduction de la perception de stress
- Impression générale de calme
- Diminution du risque cardiovasculaire
- Diminution de l'anxiété et de la dépression
- Meilleure régulation du taux de sucre
- Amélioration de la concentration et de la mémorisation…
Il ne s'agit pas d'une approche psychologique, philosophique ou spirituelle mais respiratoire basées sur des observations scientifiques (10 000 études cliniques publiées).
Naturellement, il vous faudra un minimum de discipline et de motivation mais vous obtiendrez rapidement des résultats pour un investissement minimum.
A lire : Cohérence cardiaque 365, Dr David O'Hare
Applications de cohérence cardiaque sur Internet (il y en a de nombreuses mais j'aime bien celle-ci :
Que serions-nous sans amour ? Des êtres immergés dans un néant sans fond, obscur et visqueux cherchant une prise pour s'accrocher à des parois désespérément lisses. C'est sans doute l'intuition de cette vision angoissante qui fait jaillir en nous ce besoin d'amour, à moins qu'une blessure encore béante nous détourne de la lumière, tout occupé que nous sommes à en scruter la profondeur.
Fort et vulnérable à la fois
Pourtant l'amour n'est pas un mouvement qui vient de l'extérieur mais qui se trouve en notre cœur. Une énergie qui nous propulse dans une version poétique de l'existence, faite de courbes, de rondeurs, d'harmonie, de sourire, de douceur. Aimer, c'est prendre ce risque là. Se dépouiller, avancer le cœur à vif, l'âme légère, ouvert à la rencontre, à la fusion. Oui, c'est un énorme risque, celui d'être vu dans sa nudité. Aimer c'est être à la fois fort et vulnérable. Fort de ce que l'on est, fragile pour continuer à apprendre.
L'amour doit être caressant
Il faut qu'il y ait de l'amour en nous pour faire naître l'amour, qu'il se dilate en un espace confortable pour accueillir l'amour de l'autre - amant, ami, enfant, parent… - qu'il y dépose sa tendresse. Si vous cachez votre amour derrière un mur, l'autre tentera par tous les moyens de le fissurer, de le casser, de le démolir. Son élan vers vous s'aiguisera dans ces tentatives répétées au point de devenir blessant. L'amour doit être caressant. La passion, c'est autre chose, c'est le jeu de l'amour.
Retrouver les premiers émois
Fêter l'amour à date fixe, c'est comme faire l'amour pour préserver sa santé. On perd en romantisme nécessaire au mouvement du désir. Mais dans une vie autant bousculée que la nôtre par les froids impératifs du quotidien, cela nous rappelle de faire une pause, de prendre le temps de se raconter des histoires, de se regarder dans les yeux, de s'y perdre pour retrouver nos premiers émois, ceux qui nous ont fait choisir celle ou celui-là. Retrouver ce contact où plus rien ne pense.
Je vous souhaite de prendre le temps de l'amour en commençant par vous-même. S'aimer c'est se donner la chance d'être aimé.
C'est parti pour 2019 ! Bien obligé de prendre le bateau même si c'est pour rester à quai. Nous verrons bien pour quel voyage nous nous sommes embarqué. La taille, l'âge, la forme du bateau ne dit pas grand chose de la route qui va s'ouvrir devant nous. Même si nous l'avons balisée soigneusement, choisissant avec application les étapes, les curiosités à visiter, les amis à honorer, les batailles à livrer ou les lieux à contourner, nous contrôlons peu de choses. Les imprévus viennent de l'intérieur comme de l'extérieur.
Ce que nous pouvons contrôler
Même s'il est illusoire, le contrôle est possible sur certaines choses. Il est important car il nous rassure. Il diffuse en nous le bien-être nécessaire à l'espérance quand nous sommes dans la difficulté. Il nous permet de ne pas nous sentir totalement à la merci des éléments. A condition de se rappeler que nous ne pouvons exercer du contrôle que sur ce qui dépend à 100 % de nous : certains choix (des plus simples aux plus complexes), nos pensées (se laisser submerger ou tenter de les calmer), nos décisions (s'affirmer ou se laisser faire), nos croyances (celles qui nous font du bien ou celles qui nous empêchent), nos comportements (salutaires ou délétères), nos choix (pertinents par rapport à nos objectifs ou contrariants).
Les bonnes nouvelles
Une bonne nouvelle peut être très perturbante dans le sens où - comme son nom l'indique - elle perturbe l'ordre des choses même si ce dernier était relativement insatisfaisant. Elle déclenche de la bienveillance chez ceux qui vous aiment sincèrement, de l'envie, de la jalousie, chez les plus frustrés de votre entourage (promotion, héritage, mariage, mutation…). En cela, elle devient une difficulté à dépasser puisque votre échiquier personnel et/ou professionnel et les rapports de force qui sont en jeu sont modifiés. Vous devrez donc consacrer du temps et de l'énergie à tout réorganiser.
Les mauvaises nouvelles
Quand une mauvaise nouvelle arrive, même avec un mental d'acier, c'est le choc. Inutile de vouloir immédiatement la transformer en quelque chose de positif. Ce serait même une catastrophe que de ne pas accepter et d'éviter de vivre les émotions liées aux mauvaises nouvelles : colère, déception, tristesse, rancune, sentiment d'injustice… Il va falloir faire une escale dans un coin tranquille pour digérer l'information. Ce qui peut être long. Il faudra aussi éviter les toxiques de tous genres même "ceux qui vous veulent du bien" et dont la survie dépend de vos capacités à rester au fond du trou.
L'attente
Pour gagner en temps, en énergie et en sérénité, gardez en mémoire que vous n'êtes pas le maître du Temps. Peut-être de celui de votre journée mais pas celui de "l'Univers", c'est à dire là où quelque chose se décide sans vous (appelez-le comme vous voulez), celui-là vous n'avez aucun contrôle sur lui. Tracez votre route, visualisez votre destination, utilisez les outils nécessaires pour avancer contre vents et marées, gardez-vous en forme, alerte de corps et d'esprit, prenez du repos quand nécessaire et ne vous occupez pas du reste, il viendra quand ce sera le bon moment pour vous et d'une façon que vous n'avez pas imaginée.
Je vous souhaite une année 2019 riche en aventures personnelles ou au contraire tranquille si c'est ce dont vous avez besoin, une année pour prendre soin de vous, pour vous reconnecter au meilleur de vous-même et développer vos talents personnels en toute confiance.
"L'homme n'est jamais moins seul que lorsqu'il est seul."
Ciceron
Intraversion/Extraversion
On dit que la différence entre l'intraverti et l'extraverti est que le premier est seul dans sa tête même entouré d'une multitude de gens et que le second a la tête pleine des autres même quand il est seul. C'est plutôt vrai. Ceci dit, toute personne équilibrée explore les deux états - tourné vers soi et ouvert sur le monde- et cherche tantôt la solitude, tantôt la compagnie pour stimuler en lui la guérison de la partie douloureuse.
S'entendre dans le silence
Etre seul de temps en temps est une nécessité absolue. On ne peut vivre dans le bruit incessant de la parole d'autrui, dans le tracas du monde, ses monstruosités, ses exigences de conformité ou d'originalité, son rythme, son regard, son jugement, son destin. Il faut pouvoir revenir à soi, se tourner à l'intérieur pour observer ce qui s'y passe quand tout se tait à l'extérieur. On entend mieux dans le silence. Quand on en n' a pas l'habitude, cela peut être angoissant car des voix montent qu'on a longtemps fait taire. Pourtant, c'est en les écoutant qu'elles s'apaisent. Personne n'aime être ignoré.
Reprendre sa place sur la ligne du temps
La Nature a l'avantage de nous proposer un silence réparateur et créateur. Elle calme nos tourments en nous reliant à tout ce qui a existé avant nous. Elle nous ouvre des perspectives en nous faisant toucher tout ce qui existera après nous même si nous augurons du vide. C'est dans l'intuition de son immensité -la Planète Terre- que nous retrouvons notre respiration là où nous ne faisions qu'haleter. Etre bien avec soi c'est avoir retrouvé son rythme.
Se débarrasser des trop pleins
La Nature est aussi un formidable contenant au sens des bras d'une mère. Elle permet d'évacuer en sécurité l'intensité de nos tourments. Nous pouvons crier dans la forêt sans nous sentir coupables et s'en voir apaisé. La Nature remet tout à sa juste place ; ce qui est dedans et qui doit y rester ou y revenir et le trop plein dont il est utile pour notre santé de se débarrasser.
Marcher seule -ou presque- est la façon la plus simple de cheminer en bonheur avec soi, de prendre du recul par rapport aux contraintes sociales qui nous éloignent de nous-même, de se ressourcer pour affronter le monde sans s'y diluer totalement.
"Quand l'amour grandit en toi, la beauté fait de même. Car l'amour est la beauté de l'âme."
Saint-Augustin
Quand j'ai quitté le Brésil, mes amis s'inquiétaient de mon retour en France. L'intensité de mon séjour, la splendeur des paysages, la liberté incroyable que permet l'immensité ne pouvaient que creuser un manque difficile à combler. On ne remplace ni les êtres, ni les expériences. Ils se succèdent sur la ligne du temps et celle de notre déploiement. Dans tous les cas c'est la suite d'un voyage forcément plein de découvertes.
Je ne connaissais pas Saumur, l'Anjou, la Loire. Depuis c'est l'émerveillement au rythme des courbes du fleuve, de son eau étonnamment claire, de ses longues et surprenantes langues de sable. Ce spectacle de la nature sous la chaleur bienveillante de l'été est un cadeau de rentrée aux couleurs d'automne. Les maïs dorés qui caressent le bleu du ciel, les figues déjà un peu lourdes, les coings qui mêlent leur jaune à celui des pommes, les baies rouges qui mouchettent le vert cru des feuillages, les tomates et les potirons qui enflamment les jardins des maisons de poupées de la ville de Rou-Marson. Impression de vivre dans un conte de fées entre château de princesse et cavernes.
Bien sûr, la laideur existe. Plus on s'y attarde, plus elle existe. Autant la survoler, l'ignorer comme on le fait pour une maladie qui n'est pas mortelle. Il n'existe aucun intérêt à se rouler dans la laideur, à lui donner notre énergie. Je suis persuadée que plus on cultive en soi la beauté, plus elle nous apparaît. C'est un travail de l'âme et du regard.
La Nature, surtout quand elle est sauvage, est un pansement de l'âme, un profond sentiment de lui appartenir dans un état délicieux de fusion où l'angoisse n'existe pas. Domestiquée par la grâce d'un poète ou d'un jardinier c'est un bain de douceur qui nous fait oublier la violence des hommes, un repos avant de retourner au combat que nous livre la civilisation.
"L'intelligence c'est la capacité de s'adapter au changement."
Stefen Hawking
Pas facile de renoncer à la plage quand le Brésil s'éloigne. De retour en Europe, les distances paraissent si courtes que quelques centaines de kilomètres ne comptent guère pour reprendre contact avec le sable. La mental peut se faire des raisons. Le corps, lui, réclame d'autres traitements pour accepter le changement. Il veut du temps, il veut de la douceur, il veut qu'on l'écoute et qu'on lui donne ce dont il a besoin. Le corps n'aime pas qu'on le bouscule.
Malheureusement, la plage c'est tout de même loin pour s'y rendre chaque matin. Alors, il faut accepter le retour à la ville et prendre par les cornes son nouveau destin. En professionnelle du changement, j'ai mis au point une stratégie de conquête qui permet d'entrer dans la danse sans passer par la case "déprime".
1. Mettre en place la bonne croyance: Je vais m'épanouir dans ce nouvel environnement. Il s'agit en fait d'une sorte de mantra à répéter en cas de doute car c'est le seul moyen de diriger son attention sur ce qui est utile à notre équilibre.
2. Identifier ce qui nous est absolument nécessaire pour retrouver rapidement notre équilibre : pour moi c'est toujours rencontrer les personnes qui ont la même énergie que moi, les mêmes centres d'intérêt, la même vision du monde (activité de développement, artistique, professionnelle, partenaires de vie type commerçants, médecins, coiffeur…). Après, on peut affronter les autres.
3. Fuir toutes les personnalités toxiques y compris celles qui sont "gentilles". "Toxiques" veut dire qui vous pompent votre énergie au lieu de vous en donner.
3. Sortir de chez soi le plus possible pour prendre la lumière. Se trouver une activité personnelle qui donne un sens à votre sortie. Personnellement, j'adore prendre des photos mais cela peut être promener son chien, faire son sport…
4. Tenir un journal tous les matins avant de commencer sa journée. Ecrire tout ce qui vous passe par la tête sans lever le stylo. C'est une sorte de purge qui vous empêchera de ruminer et fera étonnamment jaillir des solutions.
S'adapter au changement c'est sortir de sa coquille pour ne pas s'y sentir à l'étroit. Le repli sur soi n'est jamais la bonne réponse à la mélancolie, à la baisse de moral ou à la peur de l'inconnu.
Vient le moment où il faut bien partir… Même si on n'en a pas envie. Même si on laisse derrière soi un paradis de verdure, de couleurs, un émerveillement permanent, même si on a trouvé le bonheur absolu, même si on a été pleinement soi. Tout cela est déjà hier. C'est aujourd'hui et demain qu'il faut vivre. Je ne trouve pas d'intérêt à la mélancolie. J'ai la passion des nouveaux départs.
J'ai horreur des aurevoirs. Peut-être parce que je n'y crois pas. Peut-être parce qu'au fond de moi, je reste liée d'une façon ou d'une autre à ce, ceux, celles qui comptent pour moi. Je n'ai jamais considéré le temps ou la distance comme un obstacle à la relation ; plutôt comme un révélateur. On retrouve toujours ceux avec qui on doit réaliser quelque chose. Il suffit d'être patient.
Peut-être qu'après plus de dix déménagements en France et ailleurs, j'ai appris à me protéger des émotions trop fortes, à doser mon attachement, à trouver du plaisir dans les moments de solitude, à me concentrer sur ce qui me tient en équilibre, à ne prendre que le meilleur de chaque rencontre, de chaque lieu, de chaque épreuve, à grandir dans le mouvement. Je ne trouve pas d'intérêt au déchirement. Je crois en la fidélité.
J'ai horreur des aurevoirs comme je vis mal les compliments. On veut tous être aimés et à la fois nous ne savons que faire de l'amour qu'on nous porte. Quand on me dit "Voce vai fazer muita falta, Nathalie !" ça m'étreint le cœur parce que de mon côté je ne veux pas ressentir ce manque, ce vide. Je ne veux ressentir que du plein. S'il n'y a pas de vide, je n'ai pas besoin de le remplir. Je ne remplace pas les gens. Je les garde près de moi.
Il me faudra tout de même dire aurevoir à ce Brésil si attachant, à l'immense gentillesse et douceur des brésiliens que j'ai rencontrés, leur bonne humeur malgré la terrible situation économique, à l'immense liberté possible dans un pays-continent, au sentiment de fusionner avec la grande nature, aux chants des oiseaux, aux volées de perroquets, aux chouettes des terriers, aux aras bleus qui tous les jours passent au dessus du jardin, aux colibris que je n'ai jamais réussi à photographier, aux petits singes qui viennent manger des bananes dans nos mains, aux gampas qui dévorent les mangues, aux noix de coco qu'on cueille à loisir, aux fleurs odorantes et de façon plus prosaïque aux places de parking disponibles et non payantes. Au revoir…
Les femmes brésiliennes jouent de leur sensualité sans limites et sans gêne. Des pieds à la tête, du cafe da manha au jantar, leur corps est en fête. L'ongle est systématiquement peint, le cheveu capture la lumière, le mini-short dévoile des postérieurs qu'on s'interdit, les poitrines débordent. Etre femme est un art contemporain. Tout bouge, tout flotte au rythme des déhanchés. La brésilienne affiche sa féminité toute en courbes et explosion de couleurs. Elle offre à voir avec l'exubérance et l'insolence d'une terre d'abondance. L'abondance de fruits
Dans ce pays-continent, il y a des fruits de tous les goûts, de toutes les saveurs, de toutes les vertus les plus miraculeuses : les papayes, les mangues, l'acerola (très riche en vitamines C pour booster le système immunitaire), le fruit du dragon ou pitaya, l'acai pourpre -petite baie anti-oxydantes, le maracuja ou fruit de la passion, le jaboticaba -une petite baie rouge et ronde qui protège des angines- la graviola (un puissant anti-cancer), les fruits de cajou, la goyave, le kaki, le melon, le pitanga, le buriti, l'ananas et de nombreux autres.
L'abondance de pierres
Le Brésil c'est aussi la richesse immense du sous-sol. Au delà du pétrole, des mines d'or, de diamants, on trouve une quantité éblouissantes de pierres semi-précieuses aux pouvoirs énergétiques intéressants : des grenats (renforce l'énergie vitale), du quartz (nettoie les pollutions psychiques), des topazes impériales (apporte la connaissance de soi), des améthystes (donne du recul par rapport aux événements), des tourmalines (facilite la communication), des aigues-marines (calme et apaise), des émeraudes (la pierre des magiciens qui ouvre les énergies du cœur et équilibre les énergies de dualité.).
Je vous offre ce cristal de roche qui favorisera la réalisation de tous vos projets.
L'abondance de corruption
Les brésiliens disent que leur pays ressemble à un mendiant assis sur un tas d'or et ils ont raison. Le scandale de la corruption a dépouillé le peuple brésilien de ses espoirs pour les vingt années à venir. Un drame pour plus de 200 millions d'habitants.
J'ai toujours connu le bruit. Celui qu'on n'entend plus. Les voitures, les avions, les gens qui hurlent dans leur portable, le vacarme de millions de personnes qui se débattent avec leur quotidien dans un mouvement incessant et brutal. C'était pour moi l'état normal du monde. Bien sûr, les vacances perçaient ce réel et laissaient entrevoir un espace moins encombré. On les oublie vite mais elles creusent un sillon vers la conscience de ce qui manque.
Le silence qu'on découvre
Loin du monde, dans la douceur des dunes des Lençois Maranhenses, dans l'explosion sauvage du Pantanal, dans le bruissement des parcs naturels des Goais où l'eau jaillit des montagnes, j'ai découvert le silence. Celui qui naît de l'absence de la main de l'Homme. Un silence peuplé de bruits. Ceux qui nous relient à la nature : le chant des oiseaux, le vent qui caresse les feuilles, le craquement des branches sous nos pas, le crépitement de l'eau, notre peau qui respire au frottement de l'air pur.
Ouvrir ses sens à l'instant présent
La pensée se dilue quand la nature nous prend. Elle disparaît. Nous sommes la Terre, nous sommes le Ciel, l'Eau et le Vent. Entraîné dans cette danse des quatre éléments, nous nous abandonnons au présent. Nous ouvrons nos sens au soleil qui se lève, les pieds plantés dans un sol rassurant. La course effarante s'arrête. On n'a plus peur. La vie ne s'arrête pas. On est la Vie.
Comment préserver l'enchantement ? La ville tentaculaire dévore le monde. Profitons de cet espace où il est encore possible de vivre au présent.
Dans la grande ville, nous ne connaissons du sauvage que la violence de la pulsion destructrice, celle qu'on nous jette au visage dans la rue ou le métro, celle qui nous pousse, nous écrase, cherche à nous soumettre au profit d'un autre ou d'une organisation. Pourtant, il existe dans l'instinct sauvage, une pulsion de vie qui aide au vivre ensemble, à la préservation de l'environnement nourricier, qui dans l'expression libre de ce qui est nous offre une beauté époustouflante, proche du sacré, apaisant pour l'âme, régénérant pour le corps.
Découvrir l'espace
Le manque d'espace est la plus sure façon d'entrer dans la haine. Nous avons besoin d'espace, d'intimité, d'horizon qui ne soit pas bouché par l'oeuvre de l'Homme. Nous avons besoin de retrouver cette sensation de liberté et de découverte qu'offre la Nature en grand. Courir sans qu'aucune route, qu'aucun radar, qu'aucune loi ne nous arrête, émerveillé par les couleurs et les formes des fleurs, la diversité infinie de la faune, ses chants, ses cris, ses bruissements, ses odeurs. La Nature offre un spectacle avec lequel aucune production humaine ne peut rivaliser. Elle nous rend notre place dans l'ordre du monde.
Renoncer à l'apparat
La Nature nous pare de ses beautés. Elle rougit notre peau, embellit notre chevelure, fait briller nos yeux, enhardit notre cœur. Nous osons vivre à découvert, nous avançons. Notre personnalité est à vif, elle présente enfin des saillances là où elle étouffait sous l'aspect lisse qu'impose le monde moderne. Revenir pour un temps à la rusticité nous fait découvrir une nouvelle beauté, celle de la peur dépassée, du repos après l'effort, d'une douche après la boue, d'une eau fraîche après le brûlant des journées.
Honorer ce qui est simple en soi
Qu'il est bon de fréquenter l'état sauvage où le pratique a le droit de l'emporter sur l'esthétique, où on peut se délester de l'ego pour se concentrer sur ce qui est autour de soi et sur ce qui se passe en soi : la magie d'appartenir à cette Terre. Nous y avons notre place sans besoin de lutter pour exister. Se ressourcer à la sève du monde. Respirer l'air pur. Bientôt un luxe.
Naturellement, la civilisation a ses avantages et celui qui vit sur une terre aride et infertile aimerait sans doute pouvoir faire ses courses au supermarché. Mais comme pour tout dans la vie c'est l'équilibre que se trouve la vérité entre le confort du monde moderne et la nécessité de préserver l'état sauvage.
Le fantasme est utile et agréable. En premier lieu, il occupe l'esprit quand il s'ennuie de tourner autour des mêmes pots. Il le remplit, le colore, lui donne de l'enthousiasme, du mouvement. Le fantasme a le caressant d'une douce promesse et le cinglant de celle qui ne sera jamais tenue. Il donne du plaisir comme on se baigne dans une eau tiède et transparente que rien ne vient brouiller. Mais le fantasme n'entretient qu'un lien lointain avec le réel.
Depuis mes quinze ans, j'avais un fantasme, celui de visiter Machu Picchu, cette cité Inca perchée à plus de 2 400 mètres sur la Cordillère des Andes. Je me rêvais montant allégrement les flancs de la montagne péruvienne, le souffle léger malgré l'altitude, les yeux brûlés par le soleil, tendue de tout mon être vers le miracle qui là-haut m'attendait : les vestiges de la ville de Machu Picchu avec ses cultures en terrasses, le Temple du Soleil, les lamas ...
C'était sans compter avec le réel qui s'appelle tourisme et météo. Dès 3h du matin, au pied de l'hôtel d'Aguas Calientes, des files immenses de visiteurs attendant le bus pour accéder sans trop d'efforts au site par la route serpentine. Peu m'importait encore puisque j'avais décidé de monter à pied malgré la pluie insistante et les températures très fraîches en ces fonds de vallée. J'avais dû également me résoudre à vêtir ces imperméables qui protègent certes du crachin mais se transforment rapidement en sauna portatif. C'est donc dans la nuit, le froid et la sueur, dans un "look" improbable, au bord du divorce, que je suis arrivée après plus d'une heure de grimpette à Machu Picchu.... où près de deux-cents personnes en imperméable attendaient pour entrer sur le site. Les quais du métro aux heures de pointe !
Rien. Je n'ai rien vu. Absolument rien. Du brouillard partout. Machu Picchu avait disparu. Mon fantasme s'est fracassé sur le mur de la réalité. Je serai désormais plus prudente.
Heureusement, le Pérou n'est pas que Machu Picchu !
Ce qui est formidable dans le voyage c'est qu'il offre la liberté de changer de peau. Soudainement affranchi de la pression qu'exerce le devoir de conformité et de lisibilité sociale, on explore de nouvelles facettes de soi. Quand on se déplace vers des latitudes équatoriales, la chaleur impose à la parisienne un rapport inédit à l'épiderme, à la couleur, au style et à la forme.
Être femme avant tout
Au Brésil, la nudité s'affiche le plus souvent avec naturel - C'est une nécessité climatique - avec outrance certains diront compte tenu de l'échancrure impressionnante des shorts, de la dimension minimaliste des jupes sans oublier l'incontournable string que les femmes les plus plantureuses s'infligent. C'est aussi une nécessité économique ; séduire par un corps qui est son seul capital, mince ou fort peu importe pourvu qu'il renvoie à la féminité. L'européenne apprend donc brutalement à abandonner son armure, à dévoiler les cuisses qu'elle cache depuis ses trente ans, à se trouver à l'aise dans des tenues qu'elles n'auraient jamais portées sans faire mourir de rire ses bonnes copines ou mourir de honte ses enfants.
Tout est permis (ou presque)
Changer de peau fait un bien fou. C'est rafraîchissant. Ressourçant. Rajeunissant. Être soi et à la fois une autre, une qui sommeille en attendant qu'on lui offre une scène, qu'on l'invite à faire quelques pas. C'est un sentiment intense de liberté et de joie que de libérer celle ou celui qui dort quelque part en soi. Qu'on ignorait. Il faut voyager pour mesurer le poids des contraintes que font peser sur nous nos sociétés très normatives pour prix à payer d'une sécurité de plus en plus illusoire. Quand le corps se détend, l'esprit devient joyeux et créatif.
La couleur c'est la vie
A Paris, on privilégie le sombre parce que c'est peu salissant. Pratique avant tout et à raison. Tellement de pollution. Se fondre dans la masse pour ne pas perdre de temps. Au Brésil, sous un soleil toujours intense et au milieu de la grande misère, les couleurs sont un remontant, une promesse de vie et de fête. Les vêtements sont zébrés, tachetés, rayés des tons les plus criards, les maisons se déclinent en abricot, en vert turquoise, en jaune citron, en bleu marine, en rose layette que l'humidité grignote. Le rouge à lèvres fleurte avec le fluorescent. Alors on ose tout !
Nous sommes tellement plus que ce que nous montrons.
Il semble qu'une des plus grandes peurs de l'homme c'est d'être dévoré. Je fais partie des personnes traumatisées par la vision cinématographique précoce de monstres marins déchiquetant de paisibles vacanciers inconscients de leur destin funeste. On ne choisit pas ses fixations, on les raisonne encore moins. Je traîne donc depuis des décennies une inquiétude qui me fait préférer la montagne à la mer. Cependant, je pratique la natation en piscine et en eau douce même si je ne suis jamais vraiment tranquille. Qui sait si quelque animal ne viendrait pas m'attirer vers le fonds ! J'avoue que ma peur me poursuit parfois dans les toilettes publiques. Mais ça c'était avant comme le répète la pub inlassablement mais avec beaucoup de génie.
L'idée de soi qui nous trouble
"Avant" c'était quand la grande ville était mon espace naturel. Les requins ne me faisaient pas peur car j'avais appris à les repérer, à les éviter ou à les neutraliser. C'était avant l'idée que je me faisais de moi-même perchée sur mes talons pour valider ma compétence (Oui, l'image fait presque tout !), avant la sensation de mon corps flottant dans une eau douce, fraîche, enveloppante au milieu d'un décor fabuleux. C'était avant le Brésil à l'année.
C'est fou comme nous pouvons être conditionné par ce qui est dit sur nous et que nous validons sans le remettre en cause. Il faut du temps. Il faut des circonstances. J'ai toujours été définie "de l'extérieur" comme la vraie parisienne, celle qui avait horreur de la nature, trop adaptée à la ville, au monde, au stress urbain, à l'effervescence. J'y ai longtemps cru même si à l'occasion de mes voyages, je sentais bien cette attirance, ce plaisir à être près des arbres, à écouter l'eau ruisseler. Je n'avais pas besoin de grand spectacle, juste un petit coin de verdure.
L'expérience qui nous révèle
Il aura fallu le Brésil, l'immersion permanente dans une nature grandiose à la diversité dépassant l'imagination pour lever le voile sur ma nature profonde : j'ai besoin d'être près de la nature, dans la solitude de l'aube, le chant des oiseaux (sauf celui hurle à 4h du matin ! Ça va pas du tout ça !), la compagnie des arbres et des fleurs. Je n'ai pas eu besoin de lutter, la réalité s'est imposée d'elle-même. La nature me rend heureuse de ce bonheur qui gagne le corps tout entier, qui emplit d'énergie, qui illumine.
Certes, il me reste quelques problèmes à régler avec les animaux à commencer par les vaches qui me terrorisent, les moustiques qui s’insupportent, les gambas qui me font hurler, les capybaras qui me dégoûtent... Mais la direction est prise.
De l'autre côté de l'Atlantique, par la magie des ondes, je découvre ton visage de petit homme. Tu t'appelles Victor. En quelques heures, tu as conquis les cœurs. Ta première victoire sur le monde, peut-être la plus essentielle. Et me voilà grand-mère, la mère de ton père. Ce grand fils que j'aime tant. Et toi maintenant. Aimer encore. Sans limite. Sans peur. Te faire ce cadeau. Te donner cette force.
J'aime ton visage de nouveau-né affamé à la sortie du bain, agrippé à ton pouce dans l'attente que le lait te nourrisse. La vie commence avec ce besoin, cette attente, cet espoir ; une vie qui te remplisse. On te dira plus tard que tu es né à une drôle d'époque. Naître et grandir c'est découvrir ce que les générations précédentes t'ont légué de fabuleux et de plus dramatique. L'un ne va jamais sans l'autre, au plus fort du courant tu choisiras ta rive. Du haut de l'arbre où ta naissance me projette, riche de mon expérience, de mes grands bonheurs et de mes peines, de toutes mes épreuves, de toutes mes victoires, je te transmets ma foi : tu pourras choisir ce que tu veux vivre, celui que tu veux être.
De l'autre côté de l'Atlantique, j'attends de te serrer dans mes bras, de sentir ta peau si lisse déjà caressée mille fois, qui ne jamais ne s'use, qui jamais ne se lasse d'entrer victorieuse dans la vie de ses parents.
"Etre heureux c'est toujours être heureux malgré tout."
Clément Rosset
Evaluer sa vie à l'aune de celle d'autrui : le malheur assuré
S'il existe une façon d'être malheureux à coup sûr c'est de focaliser sur ce que les autres possèdent et qui semble nous manquer. C'est une fâcheuse manie mais une tentation irrésistible, un plaisir à se faire du mal pour le meilleur (Se motiver) ou pour le pire (Eviter d'essayer donc se préserver de l'échec, se condamner à une vision médiocre de soi.). Si nous savions vraiment ce que les autres vivent et le prix à payer pour être à leur place, il est moins sûr que l'envie nous tienne encore. Chacun porte sa croix, tire son boulet, cherche la sortie dans le labyrinthe de ses expériences du monde. Vivre est pour chacun un chemin parsemé de larmes.
Faire avec sa vie
Tout avoir ne remplit pas la vie. Parfois, elle la vide de sa substance. Le combat modéré, la bataille pour obtenir ce qu'on souhaite, le dépassement d'épreuves donnent du relief à l'existence. Il s'agit plutôt de vivre SA vie, celle qui nous est destinée. Nous avons pour mission d'en tirer le meilleur. Progresser, quelque soit le domaine, est une garantie de gratification. Cela fait naître en soi un profondément sentiment de bien-être. Ce que nous percevons de la vie d'autrui et qui nous donne envie nous parle de ce qui nous manque et qui pourtant existe en nous de façon embryonnaire. Il s'agit de savoir comment faire grandir l'embryon.
Savoir ce que l'on veut
La plupart des gens ne savent absolument pas ce dont ils ont envie. Ils se laissent capturer par les images séduisantes qu'on leur propose mais qui n'ont rien à voir avec leurs besoins profonds. C'est pour cela, qu'une fois atteint leur objectif (couple, maison, argent, voyage, job), le dégoût ou l'ennui les saisissent. Ils ignorent également ce qui fait leur valeur, leur différence ou bien cela ne leur semble pas suffisant ou encore trop difficile à mettre en œuvre. Tendre vers un "autre" idéal semble plus confortable mais c'est une tension qui fige dans la frustration ou dans un rêve qui fait pâlir le quotidien.
Le merveilleux est partout mais il faut exercer son œil et son âme pour le saisir. Cultiver la joie en soi indépendamment des circonstances est un art nécessaire. Dans l'application qu'on met à le parfaire, on est heureux d'être simplement soi.
"Ce qu'on rencontre dans la vie est la destinée. La façon dont on la rencontre est l'effort personnel."
Sathya Sai Baba
La rencontre a besoin d'espace
Le Brésil est un pays formidable pour l'européen. Il lui apprend à rencontrer l'autre. Exit les stratégies d'évitement finement mises au point pour préserver sa bulle d'intimité dans la promiscuité des transports en commun. Ici, on se regarde, on se sourit et on se parle avec une gentillesse que notre froideur caractériserait volontiers d'enfantine. Alors, dans le face à face des visages qui s'éclairent de se découvrir différents surgit l'espace de la rencontre que déserte la peur de l'autre.
Les rencontres qui changent une vie
Heliana Lages est créatrice de bijoux. Elle crochète le fil de fer avec l'ingéniosité, la grâce et l'inventivité d'une artiste inspirée. C'est aussi une femme lumineuse et chaleureuse qui s'intéresse aux autres. Heliana est psychologue quand en 1999 elle décide de travailler plus particulièrement avec des personnes déficientes physiques. Elle croise le chemin d'une femme qui ne sait faire qu'une seule chose : crocheter. La rencontre est une révélation. Sa vie professionnelle prend un tournant décisif. Elle devient designer de bijoux. Heliana réinvente la technique millénaire du "crochet de fil de fer" pour le plus grand plaisir des stars de la télévision brésilienne et des femmes de tous les jours.
Que faire de nos rencontres ?
La rencontre a toujours quelque chose "d'amoureux" qu'il s'agisse d'un lieu, d'un objet, d'une personne. Par le pétillement qu'elle provoque, elle crée un lien qui nous fait perdre le fil de notre vie. Elle nous propulse vers une direction inattendue à prendre ou à ignorer. J'entends souvent les gens dire qu'ils attendent la "bonne rencontre" mais la rencontre ne suffit pas en elle-même. Il faut qu'elle soit suivie d'action. La rencontre est une invitation, une porte qui s'ouvre.
J'ai rencontré Heliana Lages à Brasilia, lors de l'exposition "Brasil criativo". Elle est de ces femmes puissantes qui prennent en main leur vie et qui armées de leur talent vont à la conquête du monde.
"Il n'y a pas de distance entre les êtres. Il suffit de consentir à la connaissance."
Thérèse Tardif
Gagner du temps
J'avais jusqu'à présent réservé l'usage de Skype à des objectifs professionnels. Quand on cherche à optimiser le temps, ne pas le perdre dans les transports est une excellente stratégie. Une fois familiarisé avec la petite fenêtre, les quelques onglets et les reflets respectifs, la relation peut s'établir et les échanges se faire avec l'efficacité attendue d'un rendez-vous professionnel.
Mieux écouter
Le deuxième avantage de Skype est de faire l'économie de certains sens : le toucher et l'odorat. On est libéré de la place que peut prendre le corps dans la relation. Tout d'abord, on n'en présente que "des morceaux choisis" dont on sait qu'ils sont en totale sécurité ce qui donne une impression de contrôle. Par ailleurs, cela permet d'être plus détendu, moins centré sur soi . De ce fait, on écoute mieux ; les informations parasites sont moins nombreuses. On pourrait dire que lorsqu'on est absent on est plus présent.
S'affranchir des distances
J'ai toujours rêvé d'être téléportée. J'attends cette invention avec impatience comme certains rêvent d'aller sur la Lune. Claquer des doigts et être déjà ailleurs. Dissoudre les distances. En fait, c'est un peu ce qui se passe avec Skype (ou autre Hangout). Je suis là et à la vitesse satellitaire mon image se dessine et se meut à l'autre bout de la planète. J'y suis et je n'y suis pas. Quand le lien n'est pas professionnel mais amoureux, la magie a ses limites, celle d'un corps impossible à étreindre, une odeur dont l'absence trace le sillon de la frustration. Face aux miracles de la technologie, le cœur bat mais le corps souffre. Aucune image aussi animée soit-elle ne remplace la présence de l'amant. Cependant elle permet d'attendre et d'espérer.
La sociologue américaine Sherry Turkle dit que nous sommes "connectés mais seuls" : la technologie nous pousse à gérer notre image (Je ne montre qu'une image très contrôlée de moi-même : selfie et autre avatar choisi) et notre temps (Je ne communique que lorsque j'ai envie) et nous empêche d'entrer véritablement en relation. Nous ne savons même plus comment faire. Il s'agit donc, comme en toute chose, de trouver un équilibre entre l'usage de la technologie et le plein pied dans le réel qui -il est vrai- est beaucoup moins sécurisant mais plus satisfaisant.
L'amour de soi, l'amour de l'autre, l'amour de son métier, du voyage, d'une culture... L'amour est un moteur de changement. Pourquoi le fuir si ce n'est pour éviter de changer ?
Partir c'est perdre ses repères
Changer c'est à la fois perdre et gagner ; perdre le connu, le sécurisant, ce qu'on maîtrise et gagner l'inconnu, la surprise, la nouveauté; C'est à la fois faire des deuils et s'enthousiasmer d'avoir tant à découvrir de soi et du monde. Changer c'est perdre de nombreux repères liés à son environnement :
- affectif et de soutien (famille, amis, médecins, commerçants ...)
- social (travail, collègues, place dans l'échiquier professionnel...)
- financier (gains, dépenses, niveau de vie...)
- géographique (Comment s'orienter, se déplacer, s'habiller...)
- linguistique (Vais-je pouvoir communiquer comme je souhaite ? Serai-je compris ?)
- culturel (Comment regarder, interpréter ce qui m'entoure ? Quel regard pose t-on sur moi ? Comment vais-je me positionner par rapport à ce nouveau monde ?)
Changer entraîne de l'insécurité, de la peur, du malaise et donc forcément des maladresses. I
Accepter de ne plus contrôler grand chose
Partir c'est laisser derrière soi le passé et s'ouvrir totalement à l'avenir. C'est la chance de commencer une nouvelle vie si on accepte de se remettre en question plutôt que de se crisper sur ses certitudes comme le commande la peur. Partir est une expérience de lâcher-prise : accepter un état de flottement en se rappelant que plus le courant est fort, plus il faut se laisser porter pour éviter l'épuisement.
En fait, il y a au moins deux choix possibles :
- l'ouverture totale : "I surrender" ou "Je me rends/ Je m'abandonne à une volonté supérieure" comme dans le si beau film L'Odyssée de Pi de Ang Lee. On s'en remet totalement au destin en quelque sorte si on est optimiste ou aventurier. On est alors forcément projeter dans des univers qu'on aurait sans doute éviter.
- la ligne de mire : vous partez avec un projet, un objectif précis, un sens à donner à votre vie, un nouvel horizon qui vous motive et vous donne la force de faire face à l'inconnu. Cette perspective doit être suffisamment stimulante pour vous permettre de dépasser les obstacles liés à la perte de maîtrise.
Il existe sûrement une troisième voie, à mi-chemin entre les deux.
Commencer une nouvelle vie, non en substitution de la précédente comme on jetterait le bébé avec l'eau du bain mais comme une vie qui s'ajoute à celle à laquelle elle succède. Garder le meilleur de soi, de ses expériences et disposer de l'énergie nécessaire pour déployer ses ailes.